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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!

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Hellfest 2022 : fil rouge de la journée du dimanche 26 juin

Après deux ans de disette, ça y est, la grand-messe française du metal a enfin lieu ! Quel plaisir de refaire son sac à dos, rempli de crême solaire pour certains, de bière bon marché pour d’autres, de préparer son running-order, la bave aux lèvres. Avec deux weekends dans le viseur cette année, inutile de dire que le menu s’annonce copieux et varié : de Metallica à Nine Inch Nails en passant par Mastodon, Sepultura, Jerry Cantrell ou Converge, il y en aura pour tous les goûts.

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette quinzième édition forcément très spéciale. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est possible que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Vous pouvez retrouver notre fil rouge du premier week-end du Hellfest dans nos colonnes pour la journée du vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin. Bonne lecture !

01h15 : Quelle édition bon sang… Rendez-vous du 16 au 18 juin 2023 !

01h13 : METALLICA / Mainstage 1

A-t-on déjà vue pareille foule devant les Mainstages ? Pas sûr. Après avoir été l’arlésienne tant désirée, Metallica est enfin là, prêt à enflammer « the place to be ». Deux heures durant, les four hoursemen déroulent autant de titres ayant fait date dans l’Histoire du metal : « Wiplash », « Enter Sandman », One », « Nothing Else Matters », la liste serait trop longue… Scéniquement, les Californiens offrent une prestation à la hauteur des espérances. James Hetfield tout d’abord, plus shape et enjoué qu’il y a quelques temps, balance des petites blagues (aaah Saint-Anger…), « pourquoi nous a t-il fallu si longtemps pour venir au Hellfest ?! » lance le presque soixantenaire, visiblement conquis par le site tout de flammes vétu. Rob Trujillo, valeur sûre absolue, survole les débats comme à son habitude (même s’il ménage un peu plus ses cervicales), quelques jours après que le fiston ait participer à retourner la Warzone avec Suicidal Tendancies. Kirk Hammett et Lars Ulrich, pas toujours des exemples de propreté, sont dans un bon soir. Grâce à une avancée de scène en demi-cercle, les musiciens peuvent aller au plus près de leurs fans, parfois un peu trop prompts à sortir leur smartphone plutôt que de savourer l’instant. Forcément moins extravagante qu’en salle, la scénographie ira crescendo, les jeux de flammes n’arrivant par exemple que sur « Moth Into Flame » et les feux d’artifice sur « Damage Inc. ». Les multiples lasers et écrans apportent eux un bon petit kick visuel. Clin d’oeil nostalgique et sympathique, les écrans tourneront au noir et blanc pour l’illustre « Seek And Destroy », affichant notamment un ticket de concert de 1984, au Riff de Toulouse. On imagine la nostalgie (et le coup de vieux) pour les rares qui y étaient à l’époque. « Master Of Puppets » achève ce Hellfest 2022 pour le moins unique et éreintant. La prophétie s’est réalisée, ne reste plus qu’à aller se coucher.

01h05 : TRIPTYKON / Temple

C’est une légende du metal extrême qui fait face aux Mets pour conclure la programmation du temple de ce Hellfest 2022. Forcément face à bien peu de monde, la bande de Tom G. Warrior nous offre une performance aux allures de concert clandestin dans un entrepôt désaffecté, comme si seuls les initiés connaissaient le lieu du rendez-vous. Alors certes cette Temple nocturne est sans doute une des moins pleine de la journée, mais ce cadre colle parfaitement aux atmosphères des Suisses qui bénéficient d’un excellent son pour déverser leur thrash gothique obscur, teinté de doom et de bien d’autres choses… Même si c’est sous le nom de Triptykon qu’ils se produisent, le set est quasiment exclusivement tourné vers le répertoire de Celtic Frost, rendant la performance plus unique qu’elle ne l’est déjà et pour le plus grand bonheur des quelques fans qui se sont rendus à la cérémonie ! Entendons nous bien, des fans de Celtic Frost, qui ont pu entendre des titres emblématiques comme « Circle Of The Tyrants » ou « Mesmerized » par exemple. De notre côté, nous n’aurions pas boudé notre plaisir à entendre d’avantage de Triptykon, avec un titre comme « Aurorae » qui aurait eu un rendu exceptionnel dans ces conditions et qui nous semble être une grande absente dans ce set, mais c’est le choix du groupe de proposer un concert plus nostalgique pour une occasion spéciale et nous le comprenons. Ceux qui ont fait le choix du culte auront été servis avec un nouveau voyage dans les années 80, après la performance de Mercyful Fate sous le même chapiteau, comme quoi la scène thrash/extrême underground ramènera toujours un peu de monde au Hellfest, qui que soit le groupe qui se produit dans le même temps sur la grande scène.

00h32 : SUICIDE SILENCE / Warzone

00h01 : CARCASS / Altar

« Entre Carcass et Metallica, le choix est vite fait. Metallica, des fossiles. Carcass, des génies. » Promis, cette formulation un peu provoc’ n’est pas de l’auteure de ces lignes, mais de son voisin, placé comme elle au 2e rang de l’Altar, alors que Carcass est sur le point de commencer son set… en même temps que Metallica, donc. Le vide intersidéral sous l’Altar laisse d’abord présager le pire pour les vétérans anglais, mais le public finit par faire son apparition, en nombre assez important pour assurer du moshpit en quantité au fil du concert. Comme le rappelle le frontman Jeff Walker, le groupe n’a que 55 minutes devant lui, « alors pas de parlote, que du grind ». Et grind il y a, à commencer par un petit Exhume To Consume en guise d’amuse-bouche. Les nostalgiques du Carcass des débuts sont forcément ravis, mais débuter un set avec la voix de Bill Steer et non celle de Jeff Walker est un pari osé. « On n’a peut-être pas la plus grosse foule, mais on a la meilleure », affirme le frontman face à l’enthousiasme débridé du public, qui se démet les cervicales avec bonheur sur une set-list qui couvre littéralement 30 ans de carrière, de Genital Grinder à Kelly’s Meat Emporium. Si tous les membres du groupe sont carrés au possible, le véritable « génie » de la troupe reste Bill Steer, qui arriverait presque à nous faire croire que ce niveau de talent guitaristique est facile à atteindre tant il semble perdu dans son propre univers lors de ses soli. Que du grind fut promis, que du grind fut délivré. Chapeau.

23h47 : ORANGE GOBLIN / Valley

23h10 : SABATON / Mainstage 2

Ooooh, regardez, Sabaton était vraiment prévu au programme et Joakim Brodén est bel et bien en possession de sa voix ce soir ! On en plaisante, mais c’est bien auréolé de sa réputation de sauveur de l’édition 2019 que le groupe monte sur scène ce soir. Cela se ressent d’ailleurs côté public, présent en force devant la Mainstage (certaines mauvaises langues diront que beaucoup sont sans doute des fans de Metallica qui patientent depuis des heures, mais chut) et qui reprend en chœur les refrains toujours accrocheurs du groupe malgré des chansons parlant de guerre et de batailles meurtrières. En matière de scénographie, l’artillerie lourde habituelle à base de fausse tranchée, tank, barbelés et masques à gaz est de sortie, ce qui reste logique au vu de la set-list très axée sur les deux derniers albums, consacrés l’un comme l’autre à la Grande Guerre. Le reste de la discographie de Sabaton n’est pas oublié pour autant, avec des titres qui font toujours mouche tels que Night Witches ou Primo Victoria. À noter que les « singles » hors album sortis pendant la pandémie rencontrent le même succès que le reste de la set-list, avec notamment des festivaliers assis par terre et ramant de concert sur Bismarck – épisode qui rend Joakim complètement hilare. En souvenir du bon vieux temps d’avant la pandémie où Sabaton remplaçait au pied levé et avec un chanteur aphone un certain groupe qui ne sera jamais nommé, même lors du petit récapitulatif de la situation par le bassiste Pär Sundström, les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland assurent le chant sur les premiers couplet et refrain de The Red Baron, tandis que Joakim tient les claviers. Un peu plus tard, c’est même un véritable piano qu’il utilisera pour un Christmas Truce repris en chœur par environ 40 000 personnes. Ce n’est pas encore Metallica, mais si le succès et les performances scéniques de Sabaton continuent sur cette trajectoire, d’ici 10 ans, ce seront eux qui offriront au Hellfest deux heures de show en tant que headliners de la soirée de clôture. Et cette fois, ce ne sera pas en guise de bouche-trous.

23h05 : MERCYFUL FATE / Temple

Le concert de Mercyful Fate est assurément l’un des événements de cette édition du Hellfest. Le groupe, qui ne s’était pas réellement produit en concert depuis 23 ans (hormis quelques interprétations ponctuelles), entame finalement cet été la tournée annoncée après sa reformation en 2019. Autant dire que le show, fermement attendu, s’est mis à la hauteur des attentes : avec une mise en scène théâtrale au satanisme totalement kitsch, King Diamond apparait perchée sur un autel satanique en faux marbre et lance ses vocalises si singulières à une assemblée en ébullition. Le chanteur alterne les tenues pour interpréter les anciens tubes de Mercyful Fate, mais aussi une nouveauté, avec le titre « The Jackal of Salzburg » de leur prochain album qui n’a pas encore été enregistré et que le public du Hellfest peu, à l’instar des autres festivals estivaux, découvrir en avance. Pour le reste ce sont les deux premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, puisqu’ils composent la grande majorité de la setlist : ce qui ne semblent pas déplaire aux fans rassemblées sous la Temple ! Les interprétations de « Black Funeral » et « Evil », accompagnée par des jeux de lumière bariolés, offrent ainsi un spectacle scénique mémorable et occasionnent de multiples pogos parmi la foule captivée !

23h02 : COMEBACK KID / Warzone

21h56 : NAPALM DEATH / ALTAR

Si vous n’avez jamais connu de véritable moshpit de votre vie, on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre à un concert de Napalm Death pour tenter l’expérience. Le public de l’Altar a la décence d’attendre au moins la troisième note pour lancer les hostilités (soit environ 0,04 seconde sur l’échelle du grindcore), mais une fois la folie déclenchée, il devient impossible de l’arrêter. Le frontman Barney Greenway lui-même, qui fonctionne comme à son habitude au nucléaire, semble presque zen face à certains festivaliers particulièrement déchaînés. Musicalement, c’est bien sûr l’assaut auditif sans compromis auquel il faut s’attendre de la part de Napalm Death, qui a depuis longtemps appris à écrire des chansons de plus de 14 secondes, mais pas à ralentir le tempo pour autant. Véritable Sonic le hérisson sous cocaïne, Barney ne se calme que le temps de livrer ses messages anti-guerre, anti-frontières, anti-fascisme et anti-stupidité humaine de façon générale. De façon assez inhabituelle, la set-list couvre l’ensemble de la discographie du groupe, du premier au dernier album, pour une belle vue d’ensemble d’une carrière qui dure depuis plus de 30 ans et ne montre aucun signe d’essoufflement. Tant que Barney sera là pour hurler et le public pour pogoter, il y aura de la vie pour Napalm Death.

21h54 : BLACK LABEL SOCIETY / Mainstage 1

Black Label Society aurait difficilement pu rêver meilleures conditions pour jouer : une météo parfaite, des dizaines des milliers de spectateurs déjà en place pour Metallica (qui joue dans un registre tout à fait compatible), le tout sur un fond de soleil couchant. Embouteillés dans la file du Hell Snack, nous ne verrons qu’un bout du set de Zack, mais celui-ci semble plus captiver l’audience lors de ses riffs groovy que durant ses solos ou ses ballades (un poil cucul). Le golgoth en kilt jaune repart sous les applaudissements, mission visiblement accomplie.

21h50 : Extrêmement difficile de circuler sur le site, les fans de Metallica étant très en avance. De notre côté, l’espace presse ferme ses portes, la suite de ce fil rouge attendra notre retour à l’hotel et à la maison…

21h16 : MGŁA / Temple

C’est avec un grand sourire aux lèvres que les radieux polonais de Mgła arrivent sur les planches de la Temple ! Evidemment non, on déconne, puisqu’avec Mgła, c’est ni bonjour, ni merci, ni pomme de terre. Comme à son habitude, le groupe débarque entièrement cagoulé et capuchonné pour souffler son nihilisme froid sur un public venu en masse, rempli d’adeptes qui portent des t-shirts et des patchs à son effigie. Scéniquement, le groupe de black metal ne change rien à l’attitude qu’il a adopté depuis pas mal d’années maintenant : statique et ne laissant rien transparaitre, si ce n’est une certaine transcendance devinable à jouer ses riffs hypnotiques. Depuis son dernier passage, seule la setlist a évolué avec un album supplémentaire à son actif, qui propose un équilibre entre les deux derniers disques Age Of Excuse et Exercises In Futility. Les titres exécutés ce soir sont extrêmement techniques, l’audience restant toujours bluffée par la performance de Darkside à la batterie sur « Exercises In Futility IV » et « Exercises In Futility V » notamment. Si quelques gugus semblent trouver bon de slammer sur des chansons qui évoquent la vacuité de nos existences et les longues souffrances à venir avant la fin de l’humanité, le reste du public est complètement absorbé par les mélodies cataclysmiques de Mgła. Le son est plutôt bon même si une des guitares semble plus étouffée que l’autre, expliquant peut-être quelques petits défauts ponctuels sur la mise en place rythmique habituellement irréprochable. Le groupe achève sa performance sur « Age of Excuse VI », M. levant le poing en guise de remerciement au public. Nous nous en contenterons, c’est déjà beaucoup…

20h22 : Eric, le chargé de communication du Hellfest, nous informe que Ben Barbaud a prêté sa guitare à Metallica qui en aurait péter une sur le chemin du Hellfest. On peut prêter une casquette, un fond de Red Bull Tropical et une cartouche de Pokemon Argent. Au cas où.

19h37 : BRING ME THE HORIZON / Mainstage 2

Bring Me The Horizon, c’est le metal accessible AAA, avec des musiciens qui se seraient foulés en prime des moyens injectés. Si en studio le groupe se laisse aller à plusieurs expérimentations avec succès, le Hellfest est l’occasion de renouer avec les riffs vénères et la voix à moitié cassée d’Olle Sykes. Tout est fait pour sauter à l’unisson, à l’instar des jumps de « Mantra », ou chanter en chœur sur « Happy Song ». Olle n’en démord pas, il veut que le Hellfest honore sa réputation à coups de circle-pits d’ampleur, le public lui répond partiellement. Le groupe s’échine à enchainer les titres les plus agressifs de son arsenal : « Dear Diary » a le même effet qu’en introduisant l’EP Post Human : Survival Horror, un moyen pour BMTH de dire qu’il compte toujours faire honneur à la saturation grasse. Quitte à ralentir largement le tempo pour créer son petit effet chez les festivaliers à la nuque encore fonctionnelle. Le groupe se permet quelques effets de scène, via des danseurs costumés sur les côtés de la scène. « Parasite Eve » est l’occasion de revêtir les combinaisons antivirales. De la scénographie premier degré qui ne rend pas réellement justice à l’ampleur de BMTH aujourd’hui et qui tranche avec la prestation plutôt directe des musiciens. Vu l’effet de « Kingslayer » sur l’audience, on n’ose imaginer l’ampleur de la réaction si Babymetal avait réellement pointé le bout de son nez… BMTH profite des quelques accalmies pour rendre hommage aux aînés (Metallica, évidemment) et Olle vient ravir les amateurs de Free Hugs avant d’entamer un « Drown » aussi fédérateur qu’épuisé. « Throne » se charge de conclure le set en grande pompe, le public du Hellfest se prête intégralement au jeu et ne cesse de sauter et crier. On peut détester BMTH et conspuer ses inspirations « commerciales » (pour ce que ça veut dire) impossible de nier qu’aujourd’hui, c’est l’un des groupes phares de la scène musicale en général. L’un des rares capables de nous faire revivre une excitation adolescente le temps d’une petite heure avant d’aborder les morceaux d’Histoire.

19h02 : LIONHEART / Warzone

18h49 : AVATAR / Mainstage

Devant une foule déjà dense, c’est le batteur et fondateur du groupe John Alfredsson qui vient amorcer le show en distribuant des roses aux premiers rangs du public avant de rejoindre ses fûts et de lancer le spectacle vaudevillesque d’Avatar. Avec son metal grand-guignolesque et son jeu de scène énergique, le groupe conquiert rapidement ses spectateurs et, fort de nombreux titres dont les spectateurs reprennent les refrains, se lance dans un set qui fait la part belle aux sons groovy. Dans une ambiance de cirque malsain, résonnent ainsi les « Let It Burn » ou « Hail The Apocalypse ». On se laisse évidemment emporter par la solide et baroque interprétation du chanteur Johannes Eckerström qui incarne toujours son clown avec une justesse et une implication épatantes ! Une nouvelle fois pour ce Hellfest, ce seront hélas quelques problèmes techniques qui viendront plomber la performance des suédois puisque le son ne cesse de fluctuer désagréablement tandis que des interférences se font régulièrement entendre.

18h40 : THOU / Valley

Les américains de Thou ont beau être jeunes, ils se sont déjà taillés une solide réputation dans le petit monde du sludge et de ses satellites, notamment grâce à de multiples collaborations, comme avec Emma Ruth Rundle ou The Body. Il faut dire que leur musique à de quoi séduire. Même si « séduire » n’est pas forcément le bon mot pour décrire l’impact écrasant de leur musique. Leur performance commence avec une certaine mesure, mais avec une épaisseur suffocante. Rapidement c’est une véritable coulée de boue que les spectateurs doivent affronter. Les riffs s’épaississent à mesure que les percussions accélèrent et l’on se retrouve emporté par un mur d’épaisses saturations. Le mieux est de se laisser porter, de ne pas résister, d’accepter le chemin que les guitares rugueuses et les rythmiques assommantes tracent pour nous. La fin du set apporte malgré tout une lumière. Mais une lumière très relative : celle que l’on aperçoit lorsque l’on ressort furtivement la tête de l’avalanche boueuse et où l’on aperçoit un court instant, un ultime instant le ciel bleu avant de sombrer définitivement. La sérénité nous gagne. Un dernier moment de grâce avant la fin. Rapidement, alors, les scansions finales nous étouffent comme si de la terre nous envahissait les poumons. Et tout est terminé. Voilà. Voilà ce que Thou a réservé à son public sous la Valley : une grisante simulation musicale de l’inévitable engloutissement.

17h24 : CULT OF FIRE / Temple

La Temple se remplit progressivement pour faire face à un grand rideau noir, avec pour seul inscription « Prague », derrière lequel on devine des grands masques… 16h30, le rideau est tiré et nous découvrons les quatre Tchèques de Cult Of Fire avec une sublime scénographie qui a fait un grand level-up depuis leur dernier passage en France. Le groupe est une figure de la nouvelle scène black metal spirituelle, s’inspirant notamment de l’hindouisme avec une interprétation bien personnelle. Avec un chanteur en maître de cérémonies et les deux musiciens pour les cordes assis en tailleur sur des « thrones cobras », Cult Of Fire démarre son rite avec un son un peu capricieux au début mais qui se corrigera progressivement. Et tant mieux, car la seconde partie de set sera dédiée au dernier double album, riche en atmosphère. Évidemment une grande partie des instruments et orchestrations traditionnelles sont samplées, mais l’équilibre du son fait en sorte que ce ne soit pas gênant pour les spectateurs venus en nombre. Un petit problème technique surviendra et un changement d’instrument devra s’opérer au milieu du morceau, qui restera ininterrompu, ce qui semble être d’une grande galère avec le costume bien fourni. C’est logiquement sur « Buddha 5 » qui conclut l’album Nirvana que la formation termine sa performance qui nous aura élevé spirituellement à sa façon, quand bien même on n’y connaisse strictement rien en hindouisme. Le groupe, qui disparait derrière le rideau dans la même position qu’il nous est apparu, se fait assez rare par chez nous. Espérons que cette performance inspirera les programmateurs des salles obscures pour pouvoir profiter d’avantage de la cérémonie…

15h58 : UGLY KID JOE / Mainstage 1

14h51 : REGARDE LES HOMMES TOMBER vs HANGMAN’S CHAIR / Valley

Séisme de magnitude 9 à la Valley ! La scène accueille encore une collaboration exceptionnelle et pas des moindres, car cocorico, les groupes Regarde Les Hommes Tomber et Hangman’s Chair réitèrent l’expérience du set crossover – avec du RLHT cuit dans de la sauce Hangman’s Chair, et du Hangman’s Chair radicalisé par RLHT – en adoptant des nouveaux titres des répertoires des deux groupes. C’est donc à neuf (!), trois guitares, deux basses, deux batteries et deux chanteurs que débarquent les musiciens… Avec une telle configuration, la crainte d’une mauvaise sonorisation paraît légitime, pourtant il n’en est rien. Si le chanteur d’Hangman’s Chair est un peu moins entendu les premières minutes, tout est rapidement réglé et l’énorme mur de son est dressé devant un parterre débordant de monde. Évidemment, le son est monstrueux et les basses font vibrer les corps, proposant sans doute l’une des performances les plus massives des deux éditions. Le seul regret serait peut-être de ne pas avoir vu la prestation à une heure semblable à celle de Converge : Bloodmoon la veille, qui aurait ainsi bénéficiée d’un jeu de lumières plus intenses. Quoi qu’il en soit, l’idée de ce split est brilliante, et les spectateurs ont tous perdu du poids après cette performance d’exception.

14h07 : SVART CROWN / Temple

C’est la fin d’une ère pour Svart Crown : le groupe, qui a annoncé sa séparation il y a quelques jours à peine, donne aujourd’hui le tout dernier concert de sa carrière, et le fait que ce soit au Hellfest lui donne une petite saveur particulière. Pour des musiciens qui confiaient il y a peu à notre équipe de Pure Fucking Armageddon ne s’être pas vus depuis des mois pour répéter, le show est extraordinairement propre et carré, même si le fait que les musiciens évitent de se regarder en dit long sur l’état d’esprit du groupe en ce moment très particulier. Les riffs brutaux de la formation de blackened death metal s’enchaînent sans merci et pour ainsi dire sans communication, à l’exception de l’introduction du titre final, dédié aux techniciens, aux familles et aux fans qui ont suivi Svart Crown pendant toutes ces années. Il y a comme un parfum de regret et peut-être d’inachevé dans le dernier salut du groupe, mais la musique ne sera pas oubliée, et le public présent sous l’Altar ce matin aura eu le plaisir d’assister à une dernière de grande qualité. Bravo et merci, messieurs.

13h17 : YEAR OF NO LIGHT / Valley

Year Of No Light est désormais un nom fermement établi. Et autant le dire, le show est à la hauteur des espérances puisque le groupe livre sous la Valley une performance totalement hypnotique qui impressionne par la précision de l’exécution et la clarté sonore. Un constat d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère le nombre d’instruments sur scène et, surtout, la présence de deux batteries. Tout semble en effet d’une fluidité évidente et le public se laisse emporter par les mélodies aussi délicates que complexes des Bordelais. Au cœur du set, le magistral titre « Aletheia », qui brille par la nuances de ses arrangements, incarne à lui seul toute la multiplicité du jeu du groupe, entre ambiance veloutée et déluge rythmique. Le set est forcément resserré et l’on regrette forcément que le groupe n’ait pu interpréter que trois titres. Mais, près tout, quel meilleur signe de qualité que l’envie d’en voir davantage ?

12h48 : NYTT LAND / Temple

Le court passage de Nytt Land n’aura laissé personne indifférent. Les chants primaires et gutturaux d’Anatoly Pakhalenko réveillent l’animal qui se cache en chacun de nous, tandis que ceux de sa femme Natalya Pakhalenko nous renvoient à des temps oubliés et résonnent dans notre fort intérieur. Indéniablement, le duo a su capter l’attention de son public et n’a pas à rougir du minimalisme instrumental qui régnait sur scène – puisqu’ils n’étaient qu’eux deux, mais accompagnés par un fond musical qui palliait le manque. Pour commencer une journée encore pleines d’excellents groupes, Nytt Land est tout à fait approprié et nous laisse avec un sentiment bienvenu de retrouvailles avec nos plus sombres racines.

12h58 : ALIEN WEAPONRY / Mainstage 2

Malgré l’heure matinale (si si, 12h50 en festival, c’est l’aube), c’est une jolie foule qui attend la sensation Alien Weaponry devant la Mainstage 2. Les encore tout jeunes Néo-Zélandais ont connu ces dernières années une ascension météorique méritée, et c’est donc précédé d’une excellente réputation que le trio entame son set… par un petit haka qui va bien, parce qu’il y a des clichés à respecter, que ce soit en rugby ou en musique. Le metal vraiment guerrier d’Alien Weaponry, agrémenté de chant en maori et souligné par les tatouages faciaux traditionnels du nouveau bassiste Tūranga Morgan-Edmonds, incite le public à lancer moshpits et walls of death, ce qui inspire le respect de si bon matin. Les drapeaux néo-zélandais sont de sortie dans la fosse et l’accent kiwi prononcé du chanteur et guitariste Lewis de Jong donnent envie de sauter dans le premier avion pour les antipodes. À noter que le combo joue aujourd’hui sur des instruments prêtés par les membres de Carnation, les leurs ayant été égarés par la compagnie aérienne. C’est au moins le troisième groupe concerné par ce type d’ennuis depuis le début du festival, et cela ne dit vraiment rien de positif concernant Air France… Au vu de la réaction du public, le thrash maori d’Alien Weaponry a encore de beaux jours devant lui et son étoile, aussi soudainement qu’elle soit apparue, ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

11h37 : Vous êtes (presque tous) beaux !

@radiometal 🥰 Vous êtes beaux !🤘 Parce que ceux qui font le @hellfest_openair c’est avant tout les festivaliers ! Voici un extrait de nos plus belles rencontres.🤔 Et vous, pourquoi venez-vous au Hellfest ? Avec qui ?#hellfest #hellfest2022 #festival #clisson #metal #metalhead #hornsup🤘 #musique #music ♬ son original – Radio Metal

10h04 : Dernier jour de ce marathon en enfer, avec le soleil de retour et Metallica en dessert, que demande le peuple ?!